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Traces et Petits Cailloux

Un petit coin où noter les traces et les petits cailloux laissés par mes ancêtres au fil des siècles, patiemment retrouvés au fil des archives et de recherches minutieuses et passionnées... #généalogie


R comme... Restée seule...

Publié le 20 Novembre 2020, 17:49pm

Catégories : #Challenge AZ, #Famille BEDOUIN

R comme... Restée seule...

       Au fil de mes années (décennies!) de pratique généalogique, je me suis aperçue que quand on a accumulé pas mal de documents sur une famille ou un individu, il est interéssant de reprendre tous les éléments dont on dispose mais avec des points de vue différents. Ainsi, par exemple, j'aime reconstituer des "calendriers" (je crois que Sophie Boudarel appelle ça des lignes de vie) où je remets en ordre chronologique le plus détaillé possible toutes les informations dont je dispose à propos d'un couple ou d'une personne. Cela me permet de voir les choses d'un oeil neuf, et parfois de repérer des détails qui ne m'avaient pas sauté aux yeux lors des premières lectures des documents.

 

       Vous commencez à bien connaître François BEDOUIN et sa fille Anne. C'est vrai qu'avec leurs procès, ils volent un peu la vedette au reste de la famille... Mais il ne faut pas oublier Anne PENARD, la seconde épouse de François, la mère d'Anne, celle qui est RESTEE SEULE tant de fois quand son mari était incarcéré.

 

       Quelle a été la vie de cette femme? Tant d'enfants mis au monde puis en terre, tant de mois, d'années, passées avec un mari en prison, tant d'inquiétudes pour une fille arrêtée plusieurs fois elle aussi...Comment a-t-elle réagi à tous ces revers de fortune? Comment s'en est-elle sortie? Comment a-t-elle (sur)vécu?

 

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       Elle naît à Montgermont près de Rennes le 21 août 1743. La famille y habite au village de Launay Briand. Elle est le 5° enfant né, 2° (ou 3°?) enfant vivant d'André PENARD et d'Anne DESHAIE/LAHAYE/DELAHAYE. Son père a 33 ans 1/2, sa mère est un peu plus jeune. Sa soeur aînée Perrine va avoir 7 ans, son frère Jean, s'il est encore vivant (?) va sur ses 3 ans.

 

 

       Le vendredi 21 mai 1751, André PENARD, meurt, âgé de 50 ans. Anne n'a pas 8 ans. Sa mère se retrouve veuve, avec 3 fillettes à charge*.

 

       Une fois de plus, je regrette de ne pouvoir connaître les sentiments de cette femme et de ces enfants face à la mort du père. Beaucoup d'inquiétude, certainement, face à l'avenir. Mais peut-être aussi du soulagement? Je sais que près de 30 ans auparavant, en 1723*, André PENART, âgé de 23 ans, travaillait comme valet de Gabriel FOURCHE à Montgermont. Le 6 juillet, il se trouve au cabaret du Puits Trouvé, sur le Grand Chemin de Rennes à Saint-Grégoire, avec des amis . Sans doute très alcoolisés, les quatre jeunes gens s'engagent dans une rixe dans la cour des Quatre Chênes, et frappent Jean SIMON, fermier de Melesse, et Mathurin DAVY, fermier à la Chapelle des Fougeretz... Ils seront condamnés à verser cent livres de réparation, aux dépens, et défense leur est faite "de tomber en pareille faute"...

 

AD 35 : Extrait du plan de la Route de Saint-Malo. Partie de route depuis le Poteau dans la banlieuë de Saint-Martin jusques à 84 toises au-delà du dernier pont des Harens. 1757 (AD 35)

 

 

 

       L'alcool, la violence, sont des plaies courantes en Bretagne à l'époque. Il ne semble pas (?) qu'André, après cette erreur de jeunesse, ait récidivé. Mais on peut craindre sans trop de risque de se tromper qu'il aimait passer du temps au cabaret, et peut-être y dépensait-il un argent qui eut bien servi à entretenir sa famille. Peut-être aussi avait-il l'alcool mauvais, comme le laisse à penser l'épisode de 1723? Comment était la vie avec un tel mari/père?...

 

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       Toujours est-il que sa veuve part quelque temps plus tard s'installer à Saint Grégoire, où le 18 juillet 1754 elle se fiance avec un tout récent veuf de la Chapelle des Fougeretz, René LEDIEU, qu'elle épouse le 5 septembre.

 

       Anne a 11 ans. Elle va vivre à la Chapelle chez son beau-père avec sa mère et ses deux soeurs pendant plusieurs années. Si l'aînée, Perrine, part à un moment vivre à Rennes, où elle finit par épouser un certain Mathieu BLANCHET beaucoup plus âgé qu'elle, Anne et Jeanne restent à la Chapelle jusqu'à leurs mariages respectifs, en janvier 1769 pour Anne, et novembre 1773 pour Jeanne.

 

       Quelques mois après le mariage d'Anne, le 20 juin 1769, le mari de Perrine, Mathieu BLANCHET, meurt à l'hôpital Saint Yves de Rennes. Il est défini comme "mendiant" dans l'acte... Perrine n'a visiblement pas fait un mariage d'argent... ou peut-être que Mathieu a eu un problème de santé, ou un accident, qui lui a ôté la possiblité de travailler vers la fin de sa vie et a précipité le ménage dans la misère ?

 

       Un an plus tard, René LE DIEU, le beau-père d'Anne PENART, décède à la Chapelle des Fougeretz, à environ 60 ans.

 

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       Encore un an plus tard, le 23 juin 1771 à Tinténiac, deux ans et demi après le mariage d'Anne et de François BEDOUIN, c'est enfin le baptême de Jeanne, première fille du nouveau couple. La marraine du bébé est Anne DELAHAYE, mais il est bien précisé qu'elle est "fille de Joseph, tuteur du père"; car en effet, le hasard veut qu'elle porte le même nom que la grand-mère maternelle! merci au curé précautionneux, qui a anticipé la bourde possible de la généalogiste 250 ans plus tard, et insisté sur l'homonymie ;)

 

       Anne perd sa mère un an plus tard, le 14 avril 1772. Celle-ci est inhumée à la Chapelle des Fougeretz le lendemain, " en présence de plusieurs de ses enfants" : en réalité elle a trois filles, Perrine, Anne et Jeanne. L'expression est un peu curieuse. En tout cas, Anne LA HAYE semble avoir été très appréciée dans sa paroisse, car outre ses enfants, " beaucoup d'autres qui ne signent" sont présents à la cérémonie...

 

       Mais la vie continue, et le 20 décembre 1773, deux ans et demi après la naissance de Jeanne, un an et demi après la mort de sa mère, Anne met au monde une autre Anne. La marraine est la demi soeur du bébé, Françoise BEDOUIN, âgée de 13 ans 1/2, ce qui semble confirmer que les relations entre la fille du premier lit de François et sa deuxème épouse étaient cordiales... Le couple vit toujours rue du Puits Robidou, dans le bourg de Tinténiac, là même où François vivait avec sa première femme.

 

       Quelques mois plus tard, le 12 juillet 1774, la jeune Françoise, qui n'a encore que 14 ans, se marie à Tinténiac avec Jean ROUAULT, un jeune homme de Langouet (à 11 kms), que la famille connaît déjà, puisqu'il a été le parrain de la première née d'Anne et François, 3 ans plus tôt.

 

       Le jeune couple s'installe au village de la Madeleine de Tinténiac, et François BEDOUIN et sa famille également.

 

       Cadastre napoléonien Tinténiac - (AD Ille et Vilaine)

      Les années passent, rythmées par les naissances : un petit Joseph le 5 février 1776 ; Marie (ma Sosa) le 19 février 1778. Les naissances ont lieu à peu près tous les deux ans. Il est donc très probable qu'Anne PENART allaitait ses enfants. Cette régularité est fréquente et significative. Ce n'est pas une question de biologie, mais de religion : les relations sexuelles sont prohibées pendant l'allaitement. Donc environ un an d'allaitement, et à peu près un an après l'arrêt, une nouvelle naissance. Dans les milieux plus aisés où il est de bon ton de mettre ses enfants en nourrice (même si en fait cela réduit leurs chances de survie!), les naissances ont lieu généralement tous les ans...

 

       Marie est le 4° enfant du couple, jusque-là tous vivants : quand elle naît, Jeanne a 6 ans 1/2, Anne 4 ans, Joseph 2 ans. Anne PENART est une mère efficace, qui sait protéger ses enfants.

 

       Mais fin 1779, cette vie tranquille va subir un premier accroc. Le 18 octobre, le petit Joseph, âgé de 3 ans 1/2, décède. Sa mère est déjà enceinte de trois mois, elle mettra au monde un petit François le 16 avril 1780.

 

       Le couple déménage un peu plus loin, à la ferme de la Biliais, près du village de la Besnardais, toujours à Tinténiac. Françoise BEDOUIN, la jeune épouse de Jean ROUAULT, qui est restée vivre à la Madeleine, met au monde une petite Jeanne Françoise, son premier enfant, le 13 mai 1781. Voilà François BEDOUIN grand-père, une semaine avant ses 44 ans. Selon la tradition, c'est le grand-père paternel qui est le parrain de ce premier-né, et la grand-mère maternelle, première épouse de François, n'étant plus de ce monde, c'est la petite Jeanne, fille aînée d'Anne et de François, jeune tante du bébé, âgée de 10 ans, qui officie en tant que marraine.

 

      Mais à peine plus de deux mois après cette joie, le mardi 24 juillet 1781, le petit François BEDOUIN meurt à l'âge de 15 mois. C'est le deuxième de ses enfants qu'Anne voit mourir... Une fois de plus, elle est enceinte lors de son décès, et le 23 novembre elle accouche d'un nouveau petit François. Neuf mois plus tard, François, le père, est de nouveau grand-père, d'une petite fille, cette fois, Gilette ROUAULT.

 

       Ces deux naissances ont pu adoucir un peu les chagrins, malheureusement, l'année 1782 est terrible : après une période déjà difficile, famine et pneumonie infectieuse ravagent l'ouest de la France, et Tinténiac n'est pas épargnée : les décès de l'année se montent à 101 personnes , soit 26 de plus que l'année précédente (et contre 56 en 1784, par ex). La famille ne va pas échapper à ce lourd tribut, et en moins d'un mois, entre le 19 octobre et le 13 novembre, François perd son gendre Jean ROUAULT, qui n'a pas 30 ans, sa petite fille Gilette, âgée de 2 mois, et son petit François, qui allait fêter ses un an quelques jours plus tard. Des six enfants qu'il a eus avec Anne PENART, il vient d'en perdre 3 en 3 ans, les trois garçons...

 

       Mais en ces temps si durs, la mort est omniprésente, et pour survivre on n'a pas le temps de se laisser aller au chagrin. Françoise BEDOUIN, orpheline de mère dans l'enfance, veuve à 22 ans, ayant déjà enterré un ( et sans doute deux) petits, doit bien manger, et une jeune femme seule n'a guère de chance de s'en sortir. Elle se remarie donc dès le 25 février 1783 avec Jean HARDY, tandis que, chez son père et sa belle-mère, a La Besnardais, les naissances se poursuivent au même rythme d'une à peu près tous les deux ans : Jean naît le 1er octobre 1783 (le nouveau gendre, Jean HARDY, est choisi comme parrain, en signe d'intégration dans la famille), puis une nouvelle Françoise le 3 mai 1785.

 

       C'est alors que tout vole en éclats, lorsque François, le père de famille, est arrêté à Combourg pour vol de chevaux.

 

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       Anne, sa femme, RESTE donc SEULE à la ferme de la Biliais, avec 5 enfants à élever : Jeanne qui va avoir 14 ans, Anne qui en a 11 et demi, Marie (sosa), 7 ; Jean a 18 mois, et Françoise 15 jours.

 

 

       Depuis leur mariage 16 ans auparavant, elle a connu des hauts et des bas financiers avec François, des années convenables, par exemple quand il vendait des huîtres qu'il allait chercher sur la côte avec ses chevaux, des périodes de misère, où il en était réduit à mendier leur pain; là, depuis 18 mois qu'il a rencontré des gens à vrai dire peu fréquentables, qui s'avouent "fraudeurs de tabac", la vie est devenue plus facile. François les loge "plusieurs jours consécutifs" quand ils sont dans la région, sans doute en échange de quelques avantages. Dans ses interrogatoires, il niera participer à la contrebande de tabac et partager leurs gains de vols de chevaux. Mais on peut avoir quelques doutes...

 

       Anne est certainement chargée de faire à manger pour ces visiteurs un peu particuliers. Il arrive que François trouve Jean DUMOULIN installé chez lui quand il rentre de quelque foire. Il n'en est pas toujours ravi d'ailleurs, et il lui est arrivé de protester, " lui disant qu'il n'avait point de fourrage et qu'il eut mieux fait d'aller à l'auberge"... "Interrogé si sa femme en son absence loge et reçoit des fraudeurs, répond que ni lui ni elle n'en ont logés d'autres que ce Jean DUMOULIN qui est venu cinq six fois; [ajoutant] qu'il n'a pas de logement ou les recevoir"... Que font ces étranges visiteurs quand il sont là? "Répond qu'ils ne faisaient rien"... Et même contrairement au reste de la maisonnée, " Jean DUMOULIN [...] demeure toujours fort tard au lit et [...] il n'était pas encore levé aux huit heures du matin suivant ce que lui a dit sa femme". Il est clair qu'Anne, elle, est levée et déjà occupée à vacquer dès l'aube... peut-être agacée par la présence de ces fraudeurs de tabac qui ne font pas grand chose, mais appréciant sans doute aussi les avantages pécuniaires qu'ils apportent.

 

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       Le 17 mai, lorsqu'il a abandonné François au pied du château de Combourg pour s'enfuir à la vue des cavaliers de la maréchaussée, Jean DUMOULIN (ou quel que soit son nom) est repassé, à cheval, à la ferme de la Biliais pour avertir Anne de l'arrestation. Celle-ci ne perd pas de temps : il y a encore dans les pâtures de François trois chevaux aux origines douteuses... ("si on en croit le bruit public, sa femme dût faire sortir de chez lui lorsqu'elle eut appris que l'interrogé avait été arrêté, trois chevaux qui y restaient" ). Elle les fait échapper, et envoie Jeanne à Combourg en informer son père... Elle va devoir maintenant trouver seule de quoi nourrir ses enfants, à force de journées de travail dans les champs auprès de ses voisins à la belle saison, et de kms de laine filée pendant les mois d'hiver... Sans doute faudra-t-il aussi placer Jeanne en condition dans quelque ferme dès que possible, pour qu'au moins celle-ci soit nourrie par ses maîtres.

 

       Dans la débâcle de ces noires journées (François risque rien moins que les galères à perpétuité!), va s'ajouter à l'angoisse de l'avenir le chagrin de deux nouveaux deuils : la petite Françoise qui vient de naître va mourir le 19 août 1785 à l'âge de 3 mois; et le petit Jean, dernier fils vivant du couple, la suit dans la tombe moins de trois semaines plus tard, il n'avait pas deux ans. S'ajoute à cela la douleur de les inhumer sans son mari, incarcéré.

 

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       La suite vous la connaissez : après deux années de suspense, le 6 avril 1787, une peine de galère à perpétuité ainsi que la marque GAL au fer rouge sur l'épaule sont requises à Rennes contre François... Mais grâce sans doute à un appel au Parlement de Bretagne (j'ai encore des recherches à faire sur le sujet), il est finalement libéré quelque temps plus tard...

 

       La famille reprend sa vie cahin caha... Rapidement, le pays épuisé par les crises et les privations entre en ébullition : convocation des Etats généraux, rédaction des cahiers de doléance, prise de la Bastille, nuit du 4 août... Le monde bouge, s'agite, change... Fin novembre, François récupère - consciemment ou non, volontairement ou pas - de faux écus, et début décembre, en quelques jours, les distribue, joyeux, chez tous ses créanciers. La Noël approche, il va avoir payé toutes ses dettes, avec Anne ils vont enfin pouvoir souffler, profiter d'une vie tranquille...

 

       Mais voilà, c'était un peu naïf, et le 7 décembre 1789, de nouveau, c'est l'arrestation, la prison, les interrogatoires, le transfert à Rennes, la longue attente d'un verdict...

 

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       Qu'en est-il alors d'Anne qui, de nouveau, RESTE SEULE face à l'adversité??

 

        S'étant fait prendre avec ses faux écus, François n'a pas pu payer son fermage à la Noël. Ces fausses pièces devaient servir à rembourser les différentes dettes de la famille ; celles ci sont donc restées impayées... Sans ressources, incapable de payer le fermage, qui de toutes façons parvenait à son terme (9 ans), Anne doit quitter la Billiais. Elle s'installe donc à Rennes début janvier 1790, dans une chambre meublée bon marché de la rue Haute, sans doute pour être près de son mari prisonnier (il arrive à Rennes le 9 janvier). Mi février, sa fille Anne est placée pas très loin, à Betton, chez la veuve PERAIS.

 

        Anne PENART n'en a pas fini avec les coups du sort : en mars, c'est au tour de sa fille d'être arrêtée pour vol! Elle a maintenant en même temps son mari et l'un de ses filles en prison. Au moins elle est à Rennes, elle peut aller les voir. Mais quelle triste vie! je ne sais pas trop de quoi elle vivote pendant les mois d'hiver. Au printemps, malgré la distance, elle reprend ses journées de travail aux Iffs : en effet, lors de l'arrestation du 12 août 1790, François explique qu'il attend d'un jour à l'autre sa femme "partie faner du foin aux Iffs"...

 

        Vous connaissez la suite : Anne fille sort de prison début mai, retrouve sa mère; elles travaillent toutes les deux comme journalières tout en vivant rue Haute à Rennes (je suppose que lorsqu'elles partent quelques jours travailler aux Iffs elles dorment dans quelque grange, ou chez un familier compatissant)... Début août, François est libéré, mais quelques jours plus tard, sa fille Anne est de nouveau arrêtée, c'est une spirale qui semble sans fin... Le 6 septembre 1790, pour achever le tableau, Jeanne, la fille aînée du deuxième mariage, qui travaillait à Tinténiac au village de la Touche, meurt à l'âge de 19 ans...

 

**********

 

       Anne PENARD est âgée de 47 ans. Elle a mis au monde 8 enfants, et en a enterré 5 . Son mari a déjà passé près de trois ans en prison, pendant lesquels elle a dû se battre seule pour nourrir sa famille.

 

       Mais sa vie, c'est marche ou crève, et il faut bien rebondir encore et encore; le couple part s'installer au village de la Moucherie, toujours à Tinténiac.

 

       Malheureusement, tant François que la jeune Anne ne sauront résister à la tentation de l'argent facile et seront de nouveau tour à tour arrêtés l'un et l'autre pour vol quelques années plus tard... 4 ans de prison pour François, cette fois...

 

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Celle dont je ne sais pas grand chose à l'époque, et donc j'espère qu'outre une charge, elle a su être un soutien moral pour sa mère, c'est Marie, ma sosa. Elle a 7 ans quand son père est arrêté pour la première fois, 9 ans quand il sort de prison. 11 ans quand il y retourne, 11 1/2 quand il ressort, 19 quand il y retourne encore... Au total, François passe près de 7 ans incarcéré, sans compter ses absences fréquentes pour aller vendre vaches et chevaux en foires. Il a donc été un père souvent absent pour Marie. Il est d'ailleurs toujours enfermé quand elle se marie, en 1800. Curieusement, pour des raisons différentes, elle aura comme sa mère un mari souvent absent, qui finira même par mettre les voiles, sans qu'elle ne sache plus rien de lui.

 

Nicolas Lépicié - détail

 

       Injustement et curieusement, c'est moi qui, deux siècles plus tard, finirai par découvrir où et quand il a fini sa vie. Mais ceci est une autre histoire, à laquelle il faudra consacrer un article un jour... quand le #challengeAZ sera fini...

 

       Quant à Anne PENART, après la nouvelle levée d'écrou de son mari, en 1801, elle suivra Marie et son gendre BELLOUIN, avec François et sa fille Anne, jusqu'à Lorient pour se faire une nouvelle vie... François y décèdera en 1808, laissant Anne veuve à 64 ans, mais je n'ai pas (encore) réussi à trouver le décès d'Anne dans les tables de Lorient. Un oubli du copiste? et sinon, où peut-elle bien être allée? Anne BEDOUIN se marie quelque temps après la mort de son père; je n'ai trouvé ensuite aucune trace non plus d'elle ou de son mari, ni naissance, ni décès de l'un ou de l'autre...

 

       Anne PENART est-elle restée chez Marie, qui a mis 4 enfants au monde avec un mari "intermittent"? Sont-elles restées "entre femmes" à se tenir mutuellement chaud face à l'adversité? Ou est-elle partie avec Anne et son récent époux je ne sais où???

 

       Décidément, cette famille est pleine de mystères... La nombreuse descendance de Marie sera heureusement beaucoup plus facile à suivre, s'implantant bien à Lorient au dix-neuvième siècle et y faisant souche...

 

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       J'aurais aimé rencontrer cette Anne PENART, arrière-grand-mère d'une arrière-grand-mère de mon père; savoir comment elle a supporté les terribles alea de sa vie... Elle semble être une maîtresse femme, dégourdie, solide, ne lâchant rien..., attachée aux siens quoi qu'il puisse lui en coûter... Cela la rendait-elle attachante ou détestable?

 

       En août 1797 (thermidor an 5), elle est citée comme témoin dans un procès pour vol d'effets à Tinténiac. Une prochaine visite aux AD d'Ille et Vilaine, et je devrais (j'espère!!!) en savoir un peu plus sur elle et peut-être même trouver un indice sur son caractère?...

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Notes :

 

* et peut-être aussi un fils de 10 ans 1/2, dont je n'ai pas trouvé de traces après sa naissance

 

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Sources :

 

- AD 35

- "Présidial de Rennes - affaires criminelles" - Hervé Tigier 2017



 

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Dom 20/11/2020 20:46

Quelles vies de galère .... Comme disait l'autre, "Maintenant ils sont tous égaux" ....

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