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J comme... Jambalaya

       Le jambalaya est le symbole de la cuisine cajun, en Louisiane. C'est une spécialité très épicée à base de riz avec toutes sortes de variantes possibles: huîtres, jambon, gambas, saucisse, boeuf... et il est évident que nombre de mes lointains cousins en consomment régulièrement car, oui, les "cajuns", sont (pratiquement) tous mes cousins! "Cajun" est en réalité la prononciation déformée du mot "(a)cadien". Ce mot était prononcé "acadjien" par mes ancêtres, puis "cadjien", et enfin "cajun", dans sa variante anglophone. En fait, il vaut mieux dire "cadien", "cajun" étant souvent perçu comme péjoratif. Les patronymes cadiens de Louisiane recoupent parfaitement ceux des Acadiens de la Nouvelle-Ecosse (ou du Nouveau Brunswick) actuelle, et pour cause : tous descendent des mêmes pionniers.

Jambalaya saucisses-crevettes

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       Quand la guerre de Sept Ans prit fin, en 1763, les Acadiens dispersés dans divers endroits de l'Amérique du Nord et de l'Europe purent reprendre leur destin en main et se déplacer plus ou moins librement. Un certain nombre d'entre eux, désireux de revenir dans un territoire français en Amérique se rendirent aux bords du Mississipi et des bayous en plusieurs vagues, de 1764 à 1785. Toutefois, leur rêve ne fut pas réellement exaucé, puisqu'en fait, depuis 1762 et le Traité de Fontainebleau, l'ouest de cet immense territoire qu'était autrefois la colonie française de Louisiane était devenu espagnol, et l'est, anglais, depuis 1763. Après d'autres péripéties, La Louisiane serait récupérée par la France en 1800, et finalement vendue aux Etats-Unis par Napoléon en 1803...

Carte de la Louisiane et du cours du Mississipi - de Guillaume Delisle, à l'origine publiée en 1718 et augmentée en 1782

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      Fin février 1765, un premier groupe de plus de 200 réfugiés acadiens arriva en Louisiane. Réputés pour leur talents de fermiers, ils furent envoyés vers le poste des Attakapas1 qui contrôlait les vastes prairies à l'Ouest du bayou Tèche, afin d'assurer le ravitaillement de la Nouvelle-Orléans en viande.

       Pendant les dernières années de la guerre de Sept Ans, ils avaient été prisonniers à Halifax, au sud de la Nouvelle Ecosse, et, après un passage par Saint Domingue (aujourd'hui Haïti) où finalement ils ne restèrent pas, ils étaient arrivés à la Nouvelle-Orléans sous la houlette de Joseph BROUSSARD, dit Beausoleil (quel magnifique surnom!)...

 

fresque de Robert DAFFORD à Saint Martinville (Louisiane) représentant l'arrivée des Acadiens - Joseph BROUSSARD est au centre

 

       D'autres groupes d'Acadiens arrivèrent encore au cours de cette année 1765. Les trois fils de Jean-Baptiste DUON et Agnès HEBERT qui s'étaient enfuis de Port Royal au moment de la déportation de 1755, faisaient partie de l'un d'eux, après avoir suivi le même parcours que la troupe de Beausoleil : camp de la Miramichi, emprisonnement par les Anglais, Halifax, Saint Domingue.

       La présence de Charles et Claude à la Nouvelle-Orléans est attestée dans les registres de la cathédrale Saint Louis le premier décembre, lorsque Claude "DUHAN" est parrain et sa femme Marie Josèphe VINCENT marraine, respectivement de Marguerite et Jean Baptiste, enfants de Charles et de Marie Josèphe PREJEAN âgés déjà de quelques années, qui n'avaient pu être baptisés dans la Nouvelle Ecosse anglaise et protestante.

       Il est hautement probable qu'Honoré, le frère aîné, était avec eux, puisque depuis la Miramichi il avait toujours suivi leur sort et qu'il s'installa auprès d'eux à Cabanocey2 sur la rive ouest du Mississipi, près de la plantation du Français Jacques Cantrelle.

Plantation Cantrelle


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       Au recensement de Cabanocey du printemps 1766, on retrouve en effet les trois frères DUON:

- Honoré DUYON, 50 ans, 6 arpents de terre, 2 fusils; sa femme Marie VINCENT, 53 ans; Jean DUYON, fils, 19 ans avec 4 arpents de terre et un fusil, François, fils, 17 ans; Perpétue, fille, 21 ans

- Charles Claude [sic] DUYON, 30 ans, 6 arpents de terre et 2 cochons, plus un fusil; Marie PREJEN sa femme, 26 ans; Jean Baptiste, fils, 6 ans; Marguerite, fille, 2 ans

- Claude DUHON, 30 ans, Marie VINCENT, sa femme, 27 ans, Paul, orphelin, 12 ans (probablement le fils d'un prisonnier mort à Halifax et recueilli par Claude)

 

       Fin 1769, les trois frères partent s'installer à Ascension3, où Honoré décèdera en 1783. Charles, lui, se déplacera beaucoup, vendant et rachetant des terres dans différents endroits de la région au fil des années, passant du Mississipi au Bayou Lafourche puis au Bayou Tortue, devenant notamment éleveur (son bétail était marqué au fer des lettres "DN", première et dernière lettres de son nom)... Il meurt avant 1793, mais quand exactement et où? Mystère, en tout cas pour l'instant... Quant à Claude, il se déplacera moins que Charles, mais il quittera lui aussi le bayou Lafourche puisqu'il décèdera le 14 décembre 1811 à Saint Martinville, sur le Bayou Teche.

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       Après cette première vague d'Acadiens arrivant depuis Halifax (Nouvelle Ecosse) en 1765, le 28 septembre 1766, un premier bateau arrive à la Nouvelle Orléans depuis le Maryland, chargé de 224 Acadiens affamés, misérables, après un long temps passé en mer... Le gouverneur espagnol Ulloa leur apporte les premiers secours indispensables. D'autres arriveront encore, par mer, ou après un voyage par terre puis sur la rivière Tennessee et enfin le Mississippi...

Dessin de Pierre Ozanne - gallica-bnf.fr

       Et c'est là que l'on retrouve ceux des enfants du vieux Jacques LEBLANC mort de chagrin sur les rives de Grand Pré en 1755 qui avaient été déportés au Maryland et s'y étaient retrouvés séparés dans des bourgades différentes.

       Il s'agit de :

- Jacques LEBLANC, 47 ans en 1755, déporté avec sa femme et ses 5 enfants, toujours au Maryland en 1763, mais dès 1766, les voilà recensés à St Jacques de Cabanocey où sont déjà les frères DUON. Seize ans plus tard, en 1782, Jacques et sa femme, vieillissants, font donation de tous leurs biens à leurs enfants, à charge pour ceux-ci de leur laisser l'usage de la maison et du jardin, et de leur fournir jusqu'à la fin de leur vie 4 vaches laitières, 5 cochons et un cheval et une pension annuelle. Jacques a plutôt réussi son implantation en Louisiane, puisque 16 ans après son arrivée, il possède une ferme de 6 arpents, 2 esclaves!!!! (nommés Pierre et Madeleine), 12 vaches à cornes, 14 cochons et divers outils... Il décèdera le jeudi 26 février 1795, à l'âge de 86 ans, après avoir retrouvé en Louisiane un peu de sa vie d'avant le Dérangement (climat , faune et flore mis à part)...


- Sa soeur Madeleine LEBLANC, qui en 1763 est devenue veuve, passe elle aussi en Lousiane avec ses enfants. Elle demeure également à Cabanocey en 1769, chez sa fille Osite. En 1777, elle est partie un peu plus loin, à Ascension, sur le Bayou Lafourche, chez son fils Charles MELANSON, sur 11 arpents de terre où paissent 28 têtes de bétail, 2 chevaux, et 15 porcs. Là aussi l'implantation est encourageante.


- Joseph LEBLANC, leur frère, est lui aussi installé en 1766 à st Jacques de Cabanocey, avec sa femme et 4 enfants, vivant sur 6 arpents de terre, avec 5 têtes de bétail, 8 cochons et 2 fusils. Son frère Honoré (mon sosa) signale d'ailleurs dans sa déclaration de généalogie à Belle Isle en février 1767 que Joseph est "passé avec sa famille au Missipi (sic)", ce qui prouve que des nouvelles au moins partielles des parents perdus circulaient entre Amérique et Europe ... 

  Le 15 aout 1778, Joseph et sa femme font don de leur ferme à leurs héritiers, puis par un testament de 1785, lèguent à leur église tous leurs biens, animaux et argent après leur mort. Ils décèderont tous deux en 1805 à quelques mois d'intervalle, octogénaires, après 39 ans passés à St Jacques de Cabanocey.

 

- Une autre de leurs soeurs, "Marie" Josèphe LEBLANC, avait été elle aussi déportée au Maryland, où elle est recensée en 1763 comme veuve avec Jean et Marin GAUTROT, ses deux plus jeunes enfants. Mais je n'ai pas (encore) pu déterminer s'ils sont également passés en Louisiane ou restés au Maryland.

 

       Toujours est-il qu'une partie au moins de la fratrie dispersée a pu se regrouper dans ce coude du Mississippi, retrouvant enfin la liberté de cultiver sa propre terre et la joie de revivre dans le voisinage de la famille élargie...

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       D'ailleurs, un peu moins d'une décennie après leur arrivée en Louisiane, ils retrouveront un autre frère, Simon, perdu depuis le départ de Grand-Pré. En effet, Simon faisait partie des Acadiens dirigés vers la Virginie puis vers l'Angleterre, comme 6 autres membres de la fratrie. Mais, alors que certains de ses frères allaient mourir dans un port anglais et d'autres s'implanter définitivement à Belle Isle, Simon, lui, n'aurait de cesse de repartir en Amérique. Et il n'était pas le seul...

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Car pendant ce temps-là, en France...

       Les dispositions de l'afféagement bellilois de 1766 stipulaient que les afféagés deviendraient pleinement propriétaires, et pourraient donc vendre leurs concessions, à partir du 1er janvier 1776. L'île étant petite et les familles prolifiques, il devint bientôt impossible d'établir tous les nouveaux jeunes ménages dans des conditions satisfaisantes.


       Informés des installations réussies de certains de leurs parents sur les rives du Mississipi ou des bayous, environ un tiers des Acadiens de Belle Isle décidèrent donc de tenter l'aventure de rejoindre la Louisiane... Le port de Nantes, très actif dans le commerce triangulaire, voyait de nombreux transports partir régulièrement pour l'Amérique, et devint donc, de 1776 à 1785, le lieu de rassemblement de tous les Acadiens désireux de quitter la France.

      Nicolas Ozanne - 1776 - Le port de Nantes - gallica-bnf.fr

        Il en vint 125 de Belle Isle, mais également des centaines du Poitou, où la tentative d'établissement d'une colonie acadienne (la ligne d'Archigny) s'était très vite avéré être un échec. Ou encore de Saint-Malo, Morlaix, le Havre, Cherbourg, divers ports où ils avaient échoué pendant la grande tourmente de la Guerre de Sept Ans...

       Peu à peu, ils s'installèrent à Nantes, Chantenay, Paimboeuf, dans l'attente d'un départ, et il fallut aux premiers arrivés jusqu'à une dizaine d'années de patience avant de pouvoir enfin cingler vers cette Amérique tant désirée...

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       Enfin, le 22 octobre 1783, le roi d'Espagne, Charles III, accepta l'installation d'Acadiens dans son territoire de Louisiane, allant même jusqu'à promettre, en janvier 1784, que les futurs colons acadiens seraient transportés aux frais de son gouvernement. En mars, le roi Louis XVI donna son accord au projet.

    1785 sera enfin l'année du départ vers la Nouvelle Orléans pour 1596 Acadiens, à bord de 7 navires Le Bon Papa, La Bergère, Le Beaumont, Le Saint-Rémy, La Amistad, La Villa de Arcangel, et La Carolina.

       Le 10 mai, 30 ans après avoir été chassé du paradis acadien, Simon LEBLANC est l'un des premiers à repartir vers l'Amérique, à l'âge de 62 ans, avec sa deuxième femme et trois enfants. Ils embarquent sur Le Bon Papa, qui arrive à la Nouvelle Orléans le 29 juillet, après plus de deux mois et demi de traversée...

 

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     Aiguilles de Port-Coton - Belle Isle en Mer - Photo personnelle

 

      En 1785, Cyprien DUON, (AGP d'une AGM de mon GPP, sosa 312) a 55 ans. Voilà 30 ans qu'il a été enlevé à sa patrie acadienne, et qu'il n'a pas revu sa mère et ses frères et soeurs dispersés en Amérique. Depuis 20 ans il habite au village de Calastren, commune de Bangor, à Belle Isle, avec se femme Marguerite LANDRY. Le couple a eu 7 enfants, nés successivement à Liverpool, Morlaix et Belle Isle, mais 3 sont décédés. Leurs trois fils sont Jean Baptiste, 25 ans, né à Liverpool, Joseph, - affectueusement surnommé "Gros"- , 19 ans, né peu après l'arrivée dans l'île au magasin de la Seigneurie, et Jean-Pierre, mon futur ancêtre, 16 ans, né à Calastren, sur l'afféagement familial. Il y a aussi une jeune fille de 14 ans, Marie Elisabeth.

       Ces garçons qui depuis leur enfance ont tant entendu parler de l'Acadie et de l'Amérique comme d'un pays de Cocagne, et qui voient depuis quelques années tel oncle, tel cousin, quitter l'île si belle mais si étroite pour tenter de trouver un bateau pour la Louisiane, se prennent à rêver eux aussi... Qui a abordé le sujet le premier? Les deux aînés ont-ils préparé leur coup en cachette, bavardant jusqu'à plus soif ensemble de toutes les grandes choses qu'ils pourraient accomplir en Amérique, retrouvant les rêves du grand-père Jean Baptiste qui a leur âge avait lui aussi quitté le confort d'une vie toute tracée pour se créer un avenir de toutes pièces...? Ont-ils fait quelques allusions progressives, ou l'un d'eux a-t-il abordé frontalement le sujet à la table du dîner un soir de courage? Et comment ont réagi Cyprien, qui avait déjà perdu plusieurs frères, et Marguerite qui, si elle avait pu reconstituer presque toute sa fratrie à Belle Isle, ne savait plus rien de sa soeur aînée Françoise, happée dans le tourbillon du Grand Dérangement près de 30 ans plus tôt?... Sans doute les parents tremblèrent-ils à l'idée de perdre aussi ces deux-là, la chair de leur chair, tout en reconnaissant que c'était un espoir aussi, pour leurs deux grands... Et le plus jeune, Jean-Pierre, voulut-il partir à l'aventure avec ses aînés, ou accepta-t-il de bon gré d'être celui qui resterait pour reprendre la ferme familiale et devenir un jour le bâton de vieillesse de ses parents? Et la petite soeur de 14 ans, qui n'avait connu que Belle Isle, comment pouvait-elle imaginer la future vie de ses frères aînés sur un autre continent, si grand, si loin et si différent?...

       Toujours est-il que Cyprien et Anne, pour le bien de leurs garçons, finirent par se résigner à cette nouvelle séparation déchirante et définitive qui ravivait la douleur des précédentes... Mais qui représentait cette fois un vrai choix et un espoir, comme celui qui avait guidé les ancêtres pionniers vers l'Acadie 150 ans plus tôt... Et puis, peut-être qu'avec un peu de chance, Jean Baptiste et Joseph retrouveraient leurs oncles DUON perdus, dans cette Louisiane qui semblait si prometteuse...

     

       Et c'est ainsi que le 11 juin 1785, Jean Baptiste DUON, fils aîné de Cyprien, laboureur âgé de 25 ans, partit pour la Louisiane sur Le Beaumont. S'il laissait ses parents et ses frères en France, il n'était pas pour autant isolé sur le bateau. En effet, avaient également embarqué avec lui d'autres Acadiens bellilois, en particulier deux frères, une soeur et 18 neveux de mon ancêtre Honoré DAIGRE :

- Simon DAIGRE, frère d'Honoré et d'Olivier, charpentier de navire, 49 ans, était le plus impatient de partir de la fratrie : il avait vendu sa terre bellliloise pour partir à Paimboeuf dès 1778. En 1785, il embarqua enfin sur Le Beaumont, avec sa nouvelle femme Anne MICHEL et ses enfants du premier lit. Sa première épouse était décédée à Paimboeuf pendant la longue attente, le 10 janvier 1784, et il s'était remarié peu avant le départ, le 3 février 1785, avec une veuve de 58 ans. Il emmènait avec lui 7 enfants, âgés de 9 à 24 ans.

Le port de Paimboeuf par Nicolas Ozanne - 1776 - gallica.bnf.fr

 

- Olivier, charpentier de 52 ans, partait avec ses 8 enfants âgés de 3 à 23 ans. Sa femme, Marie Blanche LEBLANC, était décédée à Paimboeuf le 10 décembre 1783 (peut-être de suite de couches) pendant la longue attente, ainsi que la petite Marguerite, âgée de 3 ans, le 18 novembre 1784. Ils avaient quitté quelques années plus tôt leur village de Chubiguer paroisse du Palais à Belle Isle, où restait Honoré, pour rejoindre Simon à Paimboeuf.

       Pour pouvoir vendre sa terre, Honoré avait dû obtenir le consentement de 6 parents maternels des enfants (qui avaient hérité la part de leur mère). L'acte précise ses arguments : il " touche au moment de passer au Missipy (sic) ou à la Louisiane pour y prendre un établissement, et il y mène avec lui ses enfants" ; il évoque le voyage "dispendieux", et ses besoins pour " l'entretien, le transport et l'éducation de ses dix enfants".

 - Françoise DAIGRE, 55 ans, soeur d'Honoré, Olivier et Simon, était elle aussi du voyage, avec son mari Pierre RICHARD dit Beaupré, charpentier de 74 ans, et leurs 4 enfants de 11 à 20 ans. Quel courage et quelle nostalgie fallait-il pour traverser l'Atlantique et tout recommencer à l'âge de 55 et 74 ans!...

 

      

       Le Beaumont, frégate de 180 tonneaux, arriva à la Nouvelle Orléans avec 178 passagers le 19 août, après 69 jours de mer. Jean Baptiste, inscrit à son arrivée par les autorités espagnoles comme "Juan Bautista DOUHONE", et les trois familles DAIGRE belliloises firent partie des 41 familles envoyées sur le Bayou Manchac dans la région de Baton Rouge4, à plus de 200 kms à l'intérieur des terres. (les autres familles s'installèrent dans les Attakapas et sur le bayou Lafourche). Les Espagnols installaient les Acadiens dans différentes zones afin qu'ils défendent ces territoires contre les Britanniques.

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       Le 19 octobre, 4 mois après son frère, Joseph DUON, dit Gros, 19 ans, quitta Nantes à son tour le coeur plein de projets et d'espoir, sur le brick La Caroline. Il débarqua à la Nouvelle Orléans le 17 décembre, après 64 jours de mer. Il s'installera sur le bayou Teche à Saint Martin, où il décèdera 55 ans plus tard, ayant eu 15 enfants et assuré la descendance cadienne des DUON (son frère Jean Baptiste , parti vers Baton Rouge semble être resté célibataire sans enfant). Lors de son mariage avec Marie Scolastique HEBERT à Saint Martinville, le 2 février 1791, on retrouve parmi les témoins un Charles et un Claude DUON, très vraisemblablement les oncles retrouvés5 : 30 ans après, le pari des retrouvailles avait été gagné...

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Autant d'Acadiens, autant d'histoires, autant de parcours...

 

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Notes :

1) le poste des Attakapas : aujourd'hui St Martinville

2) Cabanocey : terme amerindien signifiant quelque chose comme "le perchoir aux canards"; orthographes très variées : Cabanocey, Cabahanocer, ... ; aujourd'hui paroisse St Jacques / St James Parish

3) aujourd'hui Donaldsville

4) origine du nom Baton Rouge : Quand Pierre Le MOYNE d'IBERVILLE explora la région du Mississipi, en 1699, il vit dans cette zone de grands poteaux rouges chapeautés de têtes de poisson et d'ours offertes en sacrifice par les Amérindiens

5) Plutôt découverts, en fait, car Joseph était né 11 ans après la déportation, en Europe, et ne les connaissait donc pas

NB : Tous les francophones de Louisiane ne descendent pas des Acadiens. La Louisiane, colonie française depuis 1684, accueillit d'abord des colons venus de France, puis des créoles de Saint Domingue arrivés à partir de 1806. Il y a aussi dans la Louisiane actuelle des francophones de couleur descendant des eclaves, et des Amérindiens (en particulier les Houmas)

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Principales sources:
- Stephen A. White. Dictionnaire Généalogique des Familles Acadiennes: 1715 à 1780. Moncton, NB: Centre d'Études Acadiennes

- Gérard Marc Braud : De Nantes à la Louisiane- Histoire de l'Acadie- L'Odyssée d'un peuple exilé - 1994 - Nantes- OUest Editions

- Eileen Larré Behrman, trans. St. James Parish, Louisiana, Colonial Records, 1782-1787. (MacBean Press, 1981)

- https://www.werelate.org

- http://www.acadiansingray.com/

- "Acadian & French Canadian Ancestral Home" site de Lucie LeBlanc Consentino

- https://www.wikitree.com

Ces sites donnent énormément d'informations, mais il faut bien sûr, comme toujours, recouper, vérifier...

 

Tag(s) : #Ancêtres Acadiens, #Challenge AZ 2021
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