Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

X comme... X2b4

       X2b4 ... Non, je ne craque pas sous l'effet de la fatigue à la fin de ce Challenge...

 

     "X2b4" n'est pas sorti de mon imagination pour me dépatouiller de ce X infernal (cousin des W et autres Y ou Z)...

 

       Il s'agit d'un code, et ce code est celui de l'haplogroupe d'une de mes ancêtres pionnières acadiennes : Radegonde LAMBERT (sosa 5029, 13° génération).

       Petite parenthèse : pour simplifier terriblement, un haplogroupe (si j'ai bien compris...) est un groupe de population partageant des caractéristiques communes sur le chromosome Y (donc bien sûr seulement chez les hommes) pour la lignée patrilinéaire (= transmis par le père du père du père du père etc de mon père), ou dans l'ADN mitochondrial (transmis par la lignée matrilinéaire à tous : par la mère de la mère de la mère de la mère, etc de ma mère). Bien sûr, de temps en temps, il se produit des mutations lors de la transmission de ces caractéristiques, et remonter l'arbre généalogique, en quelque sorte, de ces mutations, permet de suivre les mouvements de populations. Déterminer votre ADNmt permet de situer l'origine géographique d'une lointaine ancêtre maternelle.

       Quand j'ai commencé mes recherches, dans les années 80, j'ai trouvé, dans la littérature généalogique disponible à l'époque, datant essentiellement de la fin du 19° siècle et du 20° siècle, que Radegonde était très probablement métisse. Elle était supposée être née vers 1621 d'un Jean LAMBERT français et d'une indienne Mi'kmaq de Cap de Sable. Cette "information", ne reposant sur aucune source concrète, se retrouve encore maintenant sur Geneanet et de très nombreux sites généaloqigues.

 

       Or il se trouve que les recherches ADN ont considérablement changé la donne, et aujourd'hui, il est prouvé que Radegonde LAMBERT n'était pas métisse, et qu'elle venait très certainement de France.

 

       En effet, il existe un projet, dont l'objectif est justement de découvrir qui, des pionnières acadiennes, était amérindienne et qui ne l'était pas. Il s'appelle "Mothers of Acadia" (les Mères de l'Acadie) et est mené par les généalogistes Stephen White et Lucie LeBlanc-Consentino. Il s'agit de regrouper et recouper les données ADNmt de descendants en ligne matrilinéaire des pionnières. En effet, une mère transmet à ses enfants son ADN mitochondrial (ADNmt) et celui-ci se transmet de façon stable de mère en fille à travers les générations (un homme reçoit l' ADNmt de sa mère mais ne le transmet pas).

 

       En ce qui concerne mon ancêtre Radegonde, un certain nombre de ses descendants actuels en ligne matrilinéaire ont fait des tests ADN, ce qui a permis de déterminer qu'elle appartient à l'haplogroupe X2b4, car au moins une douzaine de ses descendants sont porteurs de cette séquence précise, sans aucune mutation... Cette séquence X2b4 s'est transmise parfaitement pendant 400 ans à travers plusieurs générations.

 

       Des recoupements avec d'autres personnes appartenant à ce même haplogroupe et dont la généalogie est rigoureusement européenne depuis au moins une quinzaine de générations ont permis de vérifier qu'il s'agit d'un haplogroupe européen. D'ailleurs, on n'a pas trouvé d'Amérindien ayant cette même séquence dans son ADNmt. Comme de plus, son origine remonte à environ 5 000 ans, il ne peut être commun aux Européens et aux Amérindiens, puisque ceux-ci ont passé le Détroit de Behring il y a environ 12 000 ans.

 

Radegonde est donc forcément d'origine européenne, vraisemblablement française1.

 

 

       Une autre branche acadienne était censée me donner une origine amérindienne, par mon ancêtre Catherine LEJEUNE (sosa 5007, 13° génération), longtemps réputée, ainsi que sa soeur Edmée, pour être métisse franco-mi'kmaq. Beaucoup s'obstinent encore à le penser, mais là également, les tests ADNmt prouvent qu'elles étaient toutes deux venues de France. La généalogie a d'ailleurs permis de débrouiller l'écheveau qui entre autres créait la confusion grâce à l'étude de dispenses de parenté accordées pour certains mariages: Catherine et Edmée étaient bien soeurs, et le Pierre LEJEUNE effectivement marié a une Mi'kmaq n'était ni leur père ni leur frère.

 

       L'haplogroupe avéré pour les deux soeurs LEJEUNE est le U6a7a1a. Il prouve qu'elles n'étaient pas métisses. Ce qui est également intéressant, c'est qu'elles sont à l'origine de ce que certains appellent le "cluster acadien" : en effet, U6a7 est un groupe principalement européen, dont U6a7a1a constitue un sous-groupe, exclusivement lié à Catherine et Edmée et leur descendance. J'ai lu que "Neuf des onze séquences appartenant à la sous-clade U6a7a1a appartiennent à des descendants directs de 2 sœurs d'origine française qui se sont mariées en Acadie au 17ème siècle. Cela a permis de dessiner un arbre généalogique sur 15 générations à partir de 1625, soit une moyenne d'environ 25 ans par génération", avec un joli tableau concernant rien que les deux soeurs LEJEUNE2 :

 

 

 

       Bon, m'en demandez pas trop, je ne comprends rien à ce tableau, car je n'ai pas du tout étudié encore ces histoires d'ADN, et mes connaissances sur le sujet sont donc archi limitées. Tout ce que je retiens pour l'instant, c'est que je n'ai donc pas d'origine mi'kmaq, malgré ce qui se raconte à plein d'endroits.

 

 

       En tout cas, écrire sur ce sujet réveille en moi la démangeaison qui titille bien des généalogistes en herbe : faire un test ADN. Cette histoire d'ADNmt en particulier me tente beaucoup. Il se trouve que j'ai une généalogie assez variée géographiquement et sociologiquement, mais quand j'y réfléchis, les lignées matrilinéaires sont elles beaucoup plus claires : la mienne renvoie sur la Marne pendant au moins 13 générations, alors que dès que l'on fait intervenir les hommes, ça part au moins vers le Nord et l'Auvergne. Quant à la lignée matrilinéaire de mon père, elle renvoie directement vers l'Espagne, alors que si l'on fait intervenir les hommes, on trouve la Bretagne, le sud Ouest, l'Acadie, la Mayenne, etc... Il faudra d'ailleurs que je me penche sur cet étrange phénomène, de grande stabilité matrilinéaire opposée à une grande variété dès qu'on interroge les branches patrilinéaires...

 

       Bref, j'y pense depuis des années, mais étant donné le grand âge de mon père maintenant, je me dis que le temps presse et que si je veux en savoir plus sur ma branche espagnole en particulier, il va falloir me décider sous peu.

 

       Mais l'idée de donner nos informations génétiques à des sociétés commerciales américaines peu regardantes me retient encore... (sans compter que la pratique est encore considérée comme illégale en France).

 

       Pourtant j'aimerais en savoir plus notamment sur la possibilité/probabilité biologique et historique d'avoir des origines arabes par ce côté espagnol (quand mon fils est né, comme je m'étonnais d'un truc, l'infirmière avait lâché tranquillement : "Ah oui, c'est à ça qu'on reconnaît les petits métis". Or mon fils n'est a priori pas du tout métissé, sauf à remonter très très loin. Ca peut donc venir de mon côté par l'Espagne, ou du côté de son père, par la Vendée - vous vous souvenez de l'histoire de Charles Martel ;> -... )

 

Et voili, et voilà... je n'ai toujours pas tranché la question...

 

 

=========

sources :

 

1) Haplogroup X2b4 is European, Not Native American

 

2) source : Histoire de l'haplogroupe mitochondrial U6 en Afrique, en Eurasie et en Amérique

 

Tag(s) : #Ancêtres Acadiens, #Challenge AZ 2021
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :