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Un sosa 2022 énigmatique

      Ne pouvant savoir qui était mon sosa 2022, j'ai finalement songé à évoquer celui de mon fils. Ca tombe bien, un sosa 2022, c'est forcément du côté maternel (je n'ai pas encore beaucoup traité la branche paternelle du fiston).

 

       Voilà donc l'occasion de parler d'André CAILLETTE, sosa 2022 de mon fils, et 998 pour moi. Mais en fait André était perché au bout d'une branche laissée en jachère, et pour en savoir davantage sur lui, j'ai dû reprendre les recherches, retrouver ses parents, reconstituer sa fratrie, celle de sa femme, retrouver ses divers enfants... Bref, comme toujours, pas mal de boulot, ce qui, combiné au fait que je suis bien occupée à écrire chaque semaine pour le challenge #52Ancestors, m'a amenée à cette publication un peu tardive. Mais après tout, 2022, ça dure 365 jours, non? Donc, en publiant cet article le 28 janvier, je suis plutôt en avance, en fait ;>

 

(Comment ça je suis de mauvaise foi?)

 

***

 

       Champenois né dans une famille de laboureurs de Faux sur Coole - François CAILLETTE et Jeanne DELAVAL1-, André CAILLETTE est maître boulanger à Vitry le François lors de son mariage avec Françoise VALLET - fille d'Etienne VALLET et Jeanne GILLET, laboureurs à Pringy - le 12 février 1760.

 

       J'ai pour une fois de la chance : contrairement à ce qui se passe pour nombre de mes branches, les actes concernant de près ou d'un peu plus loin André et sa femme sont généralement truffés de signatures, souvent maladroites, mais c'est bien pratique pour repérer un témoin non cité, reconnaître tel ou tel autre...

 

1760 - mariage André CAILLETTE et Françoise VALLET - Vitry-le-François - AD 51

 

       André signe son acte de mariage d'une écriture un peu contrainte, mais plus régulière que celle d'autres hommes de sa famille; il semble savoir vraiment écrire :

 

 

 

***

 

       Mais son évolution professionnelle me laisse perplexe. En1760, lors de son mariage, il est donc "maître boulanger" à Vitry le François.. Quelques mois plus tard, en 1761, à la naissance de son premier, enfant, il est devenu "inspecteur et controlleur des M(aîtr)es boulangers" et, en avril 1764, "inspecteur général des Maitres boulangers". Il est donc bien implanté et respecté au sein de sa corporation, malgré une ascension toute individuelle, vu qu'il est fils de laboureurs.

 

       Mais en 1777, il a quitté son four à pain pour devenir... chaufournier !!... What??

 

       Un chaufournier fabrique de la chaux en faisant calciner dans un four à très haute température des blocs de calcaire (qui ne manquent pas en Champagne!). La chaux est utilisée depuis des millénaires dans la construction.

 

       Le virage professionnel aux début de la quarantaine d'André, maître boulanger a priori bien établi à Vitry, est plutôt surprenant.

 

       J'ai donc tenté de mener l'enquête, mais sans grand succès. J'ai un moment cru tenir un embryon de piste en découvrant que, 4 ans après la mort d'André à l'âge de 50 ans en 1785, l'un des députés de la Marne sous la Révolution fut Jean César BATTELIER, né à Vitry-le-François, fils d'un maître boulanger et qui, s'il était horloger avant d'entamer sa carrière politique, avait d'abord été... chaufournier! En 1777, lors du baptême de son fils, il est en effet dit "marchand de chaux", puis, 3 mois plus tard, au décès du nourrisson, "chaufournier".

       Jean César BATTELLIER - Musée de Vitry le François

 

       Cette association "père boulanger / fils chaufournier" rappelle beaucoup le cas de "mon" André, d'abord maître boulanger puis chaufournier, et dont un fils devint boulanger et l'autre chaufournier... Mais en creusant la biographie du député CHATELLIER pour tenter de trouver un indice qui m'éclairerait sur cette curieuse évolution, j'ai découvert qu'en fait, le père de Jean César CHATELLIER était mort quand celui-ci n'avait que 5 ans, et que l'enfant fut donc élevé par un oncle... chaufournier! Plus de mystère, donc : il avait été formé par son oncle et pris le même métier que lui, assez logiquement.

 

       Pourtant, un père boulanger, et un oncle chaufournier, on retrouve une configuration qui évoque la famille CAILLETTE, c'est troublant. Mais en fait, ça ne m'avance à rien...

       Quel rapport entre le pain et la fabrication de chaux? la maîtrise des fours, évidemment... D'ailleurs, l'autre nom du boulanger est "fournier". Mais les deux métiers sont quand même franchement différents. Alors, pourquoi un tel virage professionnel chez André? Etait-ce un choix? une nécessité? mais en ce cas, pourquoi?

      La première mention que j'aie trouvé de sa nouvelle profession de "marchand chaufournier" vient de la revue "Affiches, annonces et avis divers de Reims et généralité de Champagne" datée du 9 février 1778, et évoque la vente d'une maison au mois de décembre précédent. Cette vente est-elle liée à des ennuis financiers? Est-elle une simple opération sans lien avec son activité? Difficile à savoir...

 

 

       Par ailleurs, pour compliquer un peu les choses, il est d'abord dit marchand chaufournier, puis simplement chaufournier : est-ce un abus de langage pour désigner la même activité, ou a-t-il changé d'activité et, au lieu de vendre la chaux, a-t-il dû se mettre à la fabriquer lui-même?

 

       Et ce que je me demande, c'est si le passage du statut de maître boulanger à celui de marchand chaufournier est une "chute" sociale, liée à des soucis que je ne connais pas ? ou au contraire une ascension (je ne sais pas quelle était la hiérarchie entre ces deux professions) ? ou encore un vrai choix, par goût ( qui me semble curieux, quand même) ?...

       Ca aurait éventuellement pu être provoqué par un subit développement des fours à chaux dans la région, mais j'ai eu beau errer dans Gallica à la recherche d'informations sur les chaufourniers champenois au XVIII° siècle, je n'ai rien trouvé de probant, ça concerne plutôt le XIX°s... Je vais devoir rester avec mes questions...

 

       Qui d'ailleurs rebondissent à la génération suivante, car Rémy LAVIDIERE (mon sosa 498) , gendre d'André2, issu d'une famille où tous les hommes sont d'abord carreleurs (= savetiers), puis cordonniers, et lui-même maître cordonnier, deviendra à son tour... chaufournier... au début du 19°s (qui plus est après avoir été... gendarme national à l'époque révolutionnaire, autre surprise).

1761 - gallica.bnf.fr

 

***

 

Décidément, cette branche joue avec mes nerfs. A moi Sherlock HOLMES et Hercule POIROT!!

Aurai-je réussi à démêler cette histoire d'ici 2023,

quand il sera temps d'évoquer Françoise VALLET,

la femme d'André ?

Pour le savoir, rendez-vous l'année prochaine!

 

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Notes :

1) graphies diverses : DE LAVAL, DELAVALLE, LAVAL, etc

2) Le 21 janvier 1788, Rémy LAVIDIERE épouse Elisabeth CAILLETTE, née le 5 avril 1764, qui décèdera le 16 août 1849 (lui décède en 1816, à l'âge de 55 ans)

 

 

 

 

 

Tag(s) : #Divers, #Ancêtres Marnais, #Branche maternelle
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